
On ne parle pas assez des petites bêtes qui s'invitent dans le poulailler. Elles n'ont pas bonne presse, mais elles font partie du voyage. Les connaître, c'est protéger vos poules, éviter les galères, et garder la joie intacte d'aller ramasser des oeufs du matin. Voici les parasites les plus fréquents, leurs signes, et surtout des gestes simples pour reprendre la main.
Voir clair dans les parasites courants
Dans un poulailler, il y a deux grandes familles d'indésirables : ceux qui vivent sur la peau et les plumes, et ceux qui se logent à l'intérieur. Les rencontrer n'est pas un échec, c'est un signal. L'important, c'est de repérer tôt et d'agir droit au but.
- Pou rouge (acariens nocturnes qui piquent la nuit)
- Poux broyeurs (mangent les débris de peau et abîment les plumes)
- Gale des pattes (acariens sous les écailles)
- Vers intestinaux (amaigrissent les poules et fatiguent la ponte)
- Coccidiose (parasite digestif, surtout chez les jeunes)
Quand on sait qui est qui, on arrête de tâtonner et on gagne en tranquillité.
Le pou rouge, vampire de la nuit
Le pou rouge sort quand la lumière baisse. La journée, il se cache dans les fentes du perchoir et les interstices du pondoir. Les signes qui ne trompent pas : poules qui rechignent à rentrer, grattages frénétiques, petites taches rougeâtres sur les oeufs, chute de ponte.
Le test maison que j'utilise depuis des années : frottez un papier ou un chiffon blanc sous le perchoir à la nuit tombée. Si ça laisse des traînées rouges, vous tenez votre coupable.
Action rapide et simple : démontez ce que vous pouvez, lavez à l'eau chaude et au savon noir, laissez bien sécher, puis saupoudrez les zones de repos avec un peu de cendre tamisée ou de terre de diatomée alimentaire (fine couche, pas un nuage). Recommencez plusieurs jours d'affilée, puis une fois par semaine le temps de casser le cycle.
"La première fois, j'ai cru à une baisse de saison. En une heure, j'ai compris que c'était le pou rouge. Nettoyage, séchage, poussière... Deux semaines plus tard, mes filles dormaient de nouveau paisiblement."
Les poux broyeurs, ces rongeurs de plumes
Eux vivent en permanence sur la poule. Vous verrez des plumes "mangées" au niveau du croupion, des poules qui se secouent souvent et passent des heures dans le bain de poussière. Regardez sous les ailes et à la base des plumes : de petites bêtes beigeâtres qui filent vite.
La réponse est très concrète : un bain de poussière généreux et accessible (terre meuble + sable + un peu de cendre tamisée), un nid changé souvent, et un nettoyage régulier des recoins. Sur un petit troupeau, j'inspecte chaque poule deux minutes, et je renouvelle la poussière plusieurs fois sur quinze jours. C'est simple, mais il faut s'y tenir.
"En ville, sur mon balcon, j'ai juste placé une caisse de vin remplie de sable et de cendre. Mes deux poules en sont folles, et les poux ont déserté." - Nadia
Gale des pattes : quand les écailles se soulèvent
Des pattes qui épaississent, des écailles qui se décollent, parfois une légère boiterie : la gale des pattes est un classique. Ma routine éprouvée : tremper les pattes 5 minutes dans de l'eau tiède savonneuse, brosser très doucement, bien sécher, puis enduire d'une couche d'huile ou de vaseline pour étouffer les acariens. On répète 2 à 3 fois par semaine pendant quelques semaines. Et on s'attaque aux perchoirs, car le problème vient souvent de là.
Un perchoir lisse, sans fentes, c'est moins d'hôtels pour parasites. Un petit coup de papier de verre et on respire mieux, poules comme humains.
Vers et coccidiose : l'invisible dans l'intestin
Vers intestinaux : amaigrissement malgré l'appétit, plumes ternes, coquilles plus fines, fientes irrégulières. En prévention, alternez les parcours quand c'est possible, gardez une litière sèche et changez l'eau tous les jours. Les cures d'appoint (ail écrasé, un filet de vinaigre de cidre sur quelques jours) ne remplacent pas un vrai traitement en cas d'infestation avérée, mais elles soutiennent l'hygiène digestive. Si le doute persiste, mieux vaut demander l'avis d'un vétérinaire rural.
Coccidiose : surtout chez les jeunes ou en ambiance humide. Signes typiques : abattement, ailes tombantes, parfois fientes sanguinolentes. Agissez vite : isolez au chaud, litière nickel, eau propre à volonté. Ensuite, place au traitement adapté et à un nettoyage en profondeur du poulailler pour éviter la récidive.
Ma routine de prévention, simple et qui tient la route
Pas besoin d'usine à gaz. Une poignée d'habitudes fait 80 % du travail sur les parasites des poules.
- Inspection éclair chaque week-end (sous les ailes, pattes, croupion).
- Perchoirs lisses, démontables, essuyés et séchés après lavage.
- Bain de poussière toujours disponible, au sec, renouvelé régulièrement.
- Litière sèche et aérée, pondoirs propres et attirants.
- Quarantaine de 2 semaines pour toute nouvelle poule.
- Parcours qui sèche au soleil dès que possible, herbe pas trop rase.
Avec ça, vous coupez l'herbe sous le pied à 90 % des problèmes. Le reste, c'est de l'observation et des gestes rapides quand un signe apparaît.
En guise de clôture : vigilance tranquille
Élever des poules, c'est accepter que le vivant circule. Les parasites font partie du décor, mais ils ne sont pas les maîtres de la maison. Un oeil attentif, des mains qui nettoient, des bains de poussière bien pensés, et vos poules vous le rendront en oeufs, en présence, en petit théâtre quotidien. Et s'il faut se relever une fois ou deux au crépuscule, on sait pourquoi on le fait.
